
Découvrir la pièce
À partir de 18,7 € au lieu de 38 € (−51 %)
Prochaine représentation samedi 21 novembre à 20h00 · 2 dates à venir
À PROPOS DE LA PIÈCE:
AVIS DE LA PRESSE

" Elizabeth Czerczuk présente « Aujourd’hui, c’est mon anniversaire » d’après Tadeusz Kantor Après Stanisław Ignacy Witkiewicz en 2020 (Dementia Tremens) et Witold Gombrowicz (Yvona) en 2019, c’est vers un autre grand artiste polonais que se tourne Elizabeth Czerczuk pour sa nouvelle création. La comédienne et metteuse en scène rend hommage à Tadeusz Kantor en s’emparant de sa dernière œuvre : Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Le 8 décembre 1990, Tadeusz Kantor disparaissait brutalement à l’âge de 75 ans, à Cracovie, alors qu’il travaillait aux répétitions de ce qui restera son dernier spectacle : Aujourd’hui, c’est mon anniversaire (l’œuvre fut créée à Toulouse, au Théâtre Garonne, le 10 janvier 1991). C’est de cette pièce posthume dont s’inspire Elizabeth Czerczuk pour son nouveau spectacle, au sein du théâtre qu’elle dirige à Paris, dans le XIIème arrondissement. Après une première étape de création révélée en mai dernier, consistant en une lecture chorégraphique de la pièce, après une présentation de différents fragments de son spectacle en juin, l’artiste d’origine polonaise finalise son processus de travail en dévoilant sa vision de l’œuvre de Kantor le 15 octobre, accompagnée par une troupe de vingt danseurs et comédiens, ainsi que par un quatuor de musiciens. Comme chacune de ses mises en scène, cette nouvelle version d’Aujourd’hui, c’est mon anniversaire a pour ambition de plonger dans l’intériorité des interprètes pour convoquer et transmettre une vérité de l’être, une forme de « puissance vitale ». Un théâtre qui « radicalise l’expression » Fidèle à l’art théâtral total qu’elle défend depuis de nombreuses années, d’abord au Théâtre Laboratoire Elizabeth Czerczuk, puis au T.E.C. (Théâtre Elizabeth Czerczuk), lieu singulier qu’elle a fondé en 2017, la comédienne et metteuse en scène souhaite ici « stimuler l’ensemble du processus intellectuel et créatif » initié par Kantor, il y a 22 ans. Cela, à travers des moyens d’expression qui lui sont propres. « Dans l’approche de Kantor, explique Elizabeth Czerczuk, la parole, la scénographie et l’orchestration sont des éléments indépendants. Certes, ils collaborent. Alors que [mon] théâtre radicalise l’expression, mène à l’incarnation totale de tous les éléments. » Faits de tableaux et d’images destinés « à susciter de fortes réactions émotionnelles chez le public », les spectacles multidisciplinaires de la créatrice cherchent à allier art dramatique, danse, musique, chant, arts plastiques…, pour faire surgir sur scène « l’émotion romantique de la sensibilité polonaise ». Manuel Piolat Soleymat "
La Terrasse
" Après s’être inspirée des univers de Witkiewicz et Gombrowicz, la comédienne et metteure en scène Elizabeth Czerczuk éclaire la dernière œuvre de Tadeusz Kantor, avec une vingtaine de comédiens et danseurs et un quatuor de musiciens. Au croisement de tous les arts, centrée sur la partition des corps, la troupe orchestre une transe expressionniste envoûtante, nourrie de tragique. C’est une sorte d’espace muséal étrange et hétéroclite, c’est aussi un bar chaleureux et accueillant. Tout proche de la place de la Nation, le lieu atypique dès l’entrée interroge le regard, bouscule la perception. Le pas est franchi vers un théâtre où se joue un art total, qui conjugue le jeu, la musique, la danse et les arts plastiques, qui n’a pas le côté sec d’une simple performance tant il engage le spectateur, non pas pour le provoquer mais pour le toucher, dans une communion collective et secrète. Le théâtre d’Elizabeth Czerczuk aime à se fonder sur la sensibilité et la culture polonaises, qui nourrissent son imaginaire. La comédienne et metteure en scène a grandi à Wroclaw en Pologne, où vécurent Henryk Tomaszewski et Jerzy Grotowski, figures de la scène polonaise, avant de peaufiner sa formation au Conservatoire de Cracovie et au Théâtre Cricot2 de Tadeusz Kantor, maître dont les écrits théoriques et les spectacles créèrent un théâtre novateur d’avant-garde, comme l’a montré l’emblématique Classe morte (1975). Après Stanisław Ignacy Witkiewicz en 2020 (Dementia Tremens) et Witold Gombrowicz (Yvona) en 2019, c’est la dernière œuvre de Tadeusz Kantor qui inspire Elizabeth Czerczuk. La troupe d’une vingtaine de danseurs et comédiens accompagnée par un quatuor de musiciens propose une transe savamment rythmée où le corps joue un rôle essentiel et signifiant, où les pulsations et les gestes structurent une partition ponctuée de motifs récurrents. Les situations sont incarnées sans être réalistes : elles préservent le mystère de l’être, à jamais incompréhensible. C’est très beau, très touchant, si on accepte de se laisser porter par cette forme originale où priment l’expérience et l’émotion. Un théâtre viscéral Dès le début s’affirme la dimension tragique de l’existence avec l’abandon d’un nourrisson. La pièce enchaîne des scènes et tableaux expressionnistes où se confrontent deux groupes. Un groupe d’acteurs figure une humanité disparate, fragile, apeurée et pourtant souvent soudée, avec notamment une écolière et un prêtre. Des rires éclatent, des corps se figent, des expressions multiples habitent les visages, lors de processions et incursions. Un groupe de danseurs incarne quant à lui les pulsions guerrières, comme toujours l’Histoire avec sa grande hache se répète sans que les hommes se réfrènent. Des valises-baïonnettes menacent, des chaises se transforment en armes, la mort surgit à tout moment. De somptueux tangos s’emparent des corps marionnettiques, et la musique ici, comme l’acte artistique en soi, contrecarrent la tristesse et font vivre les fantômes. Quelques rares paroles, principalement en polonais, sont dites. La disparition brutale de Tadeusz Kantor le 8 décembre 1990 tandis qu’il travaillait aux répétitions a interrompu l’achèvement du spectacle. Il est heureux qu’Elizabeth Czerczuk et les siens éclairent à nouveau cette œuvre par un théâtre organique, viscéral, imprégné des malheurs du monde et de la nécessité de vivre. Et de créer. Agnès Santi "
Chargement...